Agence de la santé publique du Canada
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Surveillance

Fonctionnement

Les entérobactéries pathogènes sont isolées dans des échantillons prélevés chez des cas cliniques humains.

Le sous-typage moléculaire et l’électrophorèse sur gel en champ pulsé (ECP) sont effectués par les laboratoires participants à l’aide d’une méthodologie, d’un équipement et de logiciels normalisés.

Les résultats des tests de sous-typage moléculaire sont ensuite entrés dans les bases de données électroniques des laboratoires provinciaux et fédéraux (LNM). Les membres participants sont agréés et ont un accès direct aux bases de données fédérales.

Les laboratoires participants affichent sur le babillard électronique de PulseNet Canada, du Réseau canadien de renseignements sur la santé publique new window, les données sur les grappes de cas dont les profils ECP sont appariés au sein de leur administration. Les membres lisent les rapports et y répondent sur leur territoire.

Les gestionnaires de la base de données du LNM recherchent les grappes de cas dont les profils sont impossibles à distinguer dans plus d’une province; les résultats sont communiqués au(x) laboratoire(s) participant(s), aux épidémiologistes de l’ASPC, ainsi qu’affichés sur le babillard électronique.

Quels sont les maladies/pathogènes étudiés?

PulseNet Canada effectue, presque en temps réel, des sous-typages moléculaires de tous les cas d’infection à E. coli O157:H7 et de la plupart des cas d’infection à Salmonella. De plus, PulseNet est en mesure d’effectuer le sous-typage moléculaire des souches Listeria monocytogenes, Campylobacter et Shigella.

Source d’information : Agence de la santé publique du Canada (Surveillance des maladies en ligne)

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E. coli O157:H7

RÉPARTITION MONDIALE : Cette catégorie d’E. coli a été dépistée pour la première fois en 1982, lorsqu’une éclosion de colite hémorragique (inflammation du gros intestin) est survenue aux États-Unis. Ces infections sont à présent un important problème de santé publique en Amérique du Nord, au Japon, en Europe, en Afrique du Sud, au sud de l’Amérique du Sud et en Australie.

SYMPTÔMES : La diarrhée caractéristique peut être de gravité légère, avec absence de sang dans les selles, à grave, avec selles presque entièrement sanguinolentes. Cette infection est associée à peu ou pas de fièvre. La plupart des personnes infectées se rétablissent sans traitement antibiotique 5 à 10 jours après l’exposition. Les enfants âgés de < 5 ans et les personnes âgées risquent de présenter une complication appelée « syndrome hémolytique et urémique » (SHU), caractérisée par la destruction des globules rouges sont détruits et une insuffisance rénale. Le SHU est une affection qui met en danger la vie du patient et qui est habituellement traitée à l’unité de soins intensifs. Des transfusions de sang et une dialyse sont souvent nécessaires.

PÉRIODE DE TRANSMISSIBILITÉ : Une personne peut transmettre l’infection tant que la bactérie est présente dans les selles, c’est-à-dire généralement pendant 1 semaine ou moins chez l’adulte et jusqu’à 3 semaines chez 33 % des enfants infectés.

MODE DE TRANSMISSION : La transmission résulte de la consommation d’aliments contaminés, le plus souvent du bœuf insuffisamment cuit, en particulier du bœuf haché. Le lait non pasteurisé ou cru est également considéré comme une source de contamination. La transmission de personne à personne peut se produire au sein des familles, dans les garderies et les maisons de soins infirmiers. La transmission d’origine hydrique est possible : une éclosion a été associée au fait de nager dans un lac trop fréquenté, et une autre a été associée à la consommation de l’eau municipale contaminée et non chlorée.

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Salmonella

RÉPARTITION À L’ÉCHELLE MONDIALE : Les types le plus souvent déclarés comme cause de maladie chez l’humain, au Canada, sont S. Typhimuriumet S. Enteritidis, même si nous connaissons plus de 2 000 types ou espèces de Salmonella. L’infection est présente à l’échelle mondiale. On estime que seulement 1 % des infections sont reconnues sur le plan clinique. Le taux d’incidence de l’infection atteint un sommet parmi les nourrissons et les jeunes enfants. Environ 60 à 80 % des cas sont sporadiques; cependant, les éclosions de grande envergure touchant les hôpitaux, les établissements pour enfants, les restaurants, les maisons de soins infirmiers et les communautés sont fréquentes et sont habituellement attribuables à la consommation d’aliments contaminés ou à la manipulation d’aliments par une personne malade ou porteuse de la bactérie; la transmission peut également se produire.

SYMPTÔMES : Les symptômes apparaissent généralement de 12 à 48 heures après la consommation d’aliments ou de boissons contaminés. Ils sont caractérisés par la survenue brutale de céphalées, de douleurs abdominales, de diarrhée, de nausées et, parfois, de vomissements. La déshydratation, en particulier chez les jeunes, les personnes âgées et les personnes immunodéprimées, peut être grave; les patients peuvent être si malades qu’ils doivent être hospitalisés. Chez ces patients, l’infection peut se propager au courant sanguin; parfois, les bactéries peuvent se loger dans un tissu quelconque de l’organisme et produire des abcès ou causer, par exemple, une pneumonie. L’infection peut entraîner le décès à moins que la personne soit traitée rapidement par des antibiotiques.

PÉRIODE DE TRANSMISSIBILITÉ : Une personne infectée demeure infectieuse pendant toute la maladie et peut continuer d’excréter des bactéries pendant un certain temps après la disparition des symptômes, ce qui souligne la grande importance d’une bonne hygiène personnelle.

MODE DE TRANSMISSION : La plupart des types de Salmonella vivent dans l’intestin des animaux et des oiseaux. L’infection est contractée par l’ingestion de microorganismes présents dans des aliments contaminés par les selles d’un animal ou d’une personne infectée. Les aliments le plus souvent en cause comprennent les œufs et les produits à base d’œufs crus ou insuffisamment cuits, le lait cru et les produits à base de lait cru, l’eau contaminée, la viande et les produits de la viande, la volaille et les produits de la volaille, ainsi que les fruits et les légumes crus. Les animaux domestiques sont une autre source fréquente d’infection. Les iguanes, les tortues, les poussins et parfois les chats et les chiens peuvent être porteurs de la bactérie. Les animaux de ferme peuvent être infectés par l’ingestion d’aliments et d’engrais préparés à partir de farine d’abats, de farine d’animaux d’équarrissage, de farine de poisson et d’os contaminés. La transmission fécale-orale de personne à personne est fréquente en cas de diarrhée, en particulier en établissement.

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Shigella

RÉPARTITION À L’ÉCHELLE MONDIALE : La shigellose est causée par des bacilles appartenant à la famille Shigella.Les sous-types les plus fréquents sont S. sonnei, S. flexneri, S. boydii, S. dysenteriæ 1 (shigæ) et S. dysenteriæ (schmitzii). L’infection est présente à l’échelle mondiale. Elle est responsable de > 600 000 décès par an, dont les deux tiers chez des enfants âgés de moins de 10 ans. Les éclosions sont fréquentes, en particulier chez les hommes homosexuels et dans les lieux surpeuplés où les conditions sanitaires laissent à désirer, par exemple, dans les prisons, les établissements pour enfants, les garderies, les hôpitaux psychiatriques et les camps pour réfugiés surpeuplés. En général, S. flexneri, S. boydii et S. dysenteriæ 1 sont responsables de la plupart des cas dans les pays en voie de développement. Dans les pays développés, S. sonnei est le type le plus fréquent, tandis que S. dysenteriæ est le moins fréquent. Des souches résistantes à plusieurs antibiotiques sont apparues à l’échelle mondiale, en raison de l’utilisation très répandue des antibiotiques.

SYMPTÔMES : La période d’incubation est généralement assez brève, soit de 12 à 96 heures. La maladie est caractérisée par une diarrhée accompagnée de fièvre, de nausées, de vomissements et de crampes. Dans les cas typiques, les selles peuvent contenir du sang et du mucus, attribuables à la présence de petits abcès sur la paroi intestinale. Les convulsions peuvent être une complication importante de l’infection chez les enfants. La gravité de la maladie et le taux de létalité dépendent de plusieurs facteurs : l’âge du patient, la présence d’une maladie sous-jacente et le type de Shigella. S. dysenteriæ 1est responsable de la maladie et des complications les plus graves, le taux de mortalité pouvant atteindre 20 %.

PÉRIODE DE TRANSMISSIBILITÉ : Une personne infectée peut transmettre la bactérie tant que cette dernière est présente dans les selles.

MODE DE TRANSMISSION : La bactérie se transmet par voie fécale-orale. La transmission interhumaine se produit surtout chez les enfants et dans des conditions où les pratiques d’hygiène laissent à désirer, par exemple, lorsque des personnes ne se lavent pas soigneusement les mains après être allé aux toilettes. Par conséquent, l’infection se transmet par contact physique direct (par les mains) ou de manière indirecte par la consommation d’aliments contaminés. Les substances contaminées par des matières fécales peuvent infecter des sources ouvertes d’eau et d’aliments. Les mouches peuvent transmettre une quantité suffisante de bactéries provenant de déchets pour infecter des aliments.

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Campylobacter


RÉPARTITION À L’ÉCHELLE MONDIALE : La campylobactériose est causée par la bactérie Campylobacter jejuni ou Campylobacter coli. Les statistiques montrent qu’à l’échelle mondiale, de 5 à 14 % des cas déclarés de diarrhée sont causés par une infection à Campylobacter. Dans les pays industrialisés, la maladie affecte surtout les enfants âgés de plus de 5 ans et les jeunes adultes. Dans les pays en développement, les personnes les plus affectées sont les nourrissons et les enfants âgés de moins de 2 ans.
SYMPTÔMES : Les symptômes apparaissent de 2 à 10 jours après l’exposition initiale et sont caractérisés par de la diarrhée, des douleurs abdominales, un malaise, de la fièvre, des nausées et des vomissements. Les symptômes peuvent être de légers à sévères. Les rechutes sont possibles. Du sang et du mucus peuvent être présents dans des selles liquides. Les complications comprennent un syndrome pseudo-typhoïdien, de l’arthrite, des convulsions fébriles, une méningite (la bactérie infecte les membranes qui enveloppent le cerveau) et le syndrome de Guillain-Barré (maladie causant un affaiblissement et une paralysie progressifs; le rétablissement est souvent lent et la maladie peut être mortelle dans certains cas).
PÉRIODE DE TRANSMISSIBILITÉ : Une personne infectée peut transmettre l’infection pendant toute sa maladie, qui dure généralement de quelques jours à plusieurs semaines.
MODE DE TRANSMISSION : Une personne contracte l’infection en consommant du porc ou du poulet insuffisamment cuit, des aliments ou de l’eau contaminés, ou encore du lait non pasteurisé. Les bactéries peuvent se transmettre à partir d’une source primaire, telle que le poulet, et contaminer d’autres aliments ou d’autres surfaces, notamment les planches à découper, les couteaux et les plats. Une personne peut également contracter l’infection en étant en contact étroit avec des chiots ou des chatons infectés, des animaux de ferme infectés ou des nourrissons infectés.

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Listeria monocytogenes

RÉPARTITION À L’ÉCHELLE MONDIALE : La listériose est causée par la bactérie Listeria monocytogenes. La bactérie est présente dans le sol et l’eau. Les légumes peuvent être contaminés par de la terre ou du fumier utilisé comme engrais. Le bétail peut être infecté en consommant des produits d’ensilage ou de l’eau contaminés. Le lait non pasteurisé ou les aliments produits à partir de lait non pasteurisé peuvent également contenir la bactérie. L’infection est présente à l’échelle mondiale. Les cas apparaissent généralement de manière sporadique; toutefois, plusieurs éclosions ont été signalées au cours des dernières années.

SYMPTÔMES : La période d’incubation est comprise entre 3 et 70 jours, l’incubation médiane étant estimée à 3 semaines. Une personne atteinte de listériose présente généralement de la fièvre, des courbatures et parfois des nausées et des vomissements. Les bactéries peuvent infecter le cerveau et les membranes qui enveloppent le cerveau, ce qui entraîne une méningoencéphalite. L’apparition d’une méningoencéphalite peut être soudaine, accompagnée de fièvre, de céphalées intenses, de nausées et de vomissements. Les complications comprennent l’endocardite (la bactérie infecte la membrane qui tapisse les cavités du cœur) et des abcès internes ou externes. Les femmes enceintes infectées peuvent présenter des symptômes légers, caractérisés par un syndrome grippal sans gravité. Une femme enceinte infectée peut sans le savoir transmettre l’infection à son fœtus in utero. L’infection pendant la grossesse peut entraîner un accouchement prématuré, une infection chez le nouveau-né ou une mortinaissance. Le nourrisson peut présenter une méningite. Trente pour cent des infections chez les nourrissons sont mortelles. Si la maladie apparaît pendant les quatre premiers jours de vie, le taux de létalité est de 50 %.

PÉRIODE DE TRANSMISSIBILITÉ : La bactérie peut être présente dans les selles des personnes infectées pendant plusieurs mois. Chez les mères de bébés infectés, la bactérie peut aussi rester présente dans les pertes vaginales et l’urine de 7 à 10 jours après l’accouchement.

MODE DE TRANSMISSION : Une personne contracte la listériose en consommant des aliments contaminés par la bactérie L. monocytogenes. Les bactéries sont présentes dans le sol et l’eau. Le bétail peut être infecté après avoir consommé des produits d’ensilage ou de l’eau contaminés par les bactéries. Les légumes peuvent être contaminés par de la terre ou du fumier utilisé comme engrais. La bactérie a été retrouvée dans des aliments crus, tels que les viandes et les légumes non cuits, ainsi que dans des aliments transformés qui ont été contaminés après le traitement, par exemple les fromages à pâte molle et la charcuterie. Le lait non pasteurisé et les aliments fabriqués à partir de lait non pasteurisé peuvent contenir la bactérie.
Les personnes suivantes risquent davantage d’être infectées par la bactérie :

  • les femmes enceintes courent un risque environ 20 fois plus élevé que les adultes en bonne santé de contracter une listériose;
  • les nouveau-nés;
  • les personnes dont le système immunitaire est affaibli;
  • les personnes atteintes d’un cancer, de diabète ou d’une maladie rénale;
  • les personnes atteintes du sida sont 300 fois plus exposées à contracter la listériose que les personnes dont la fonction immunitaire est normale;
  • les personnes prenant des glucocorticostéroïdes;
  • les personnes âgées.
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