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Entérocoques résistants à la vancomycine (ERV)

Un survol des activités de référence, de surveillance et de recherche du laboratoire sur la résistance aux antimicrobiens et les infections nosocomiales (RAIN) relativement aux ERV a récemment été présenté lors de la conférence internationale sur les entérocoques de l’ASM-FEMS, qui s’est tenue à Helsigor, au Danemark, en août 2005. [Lien vers la présentation powerpoint]

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Services de référence

Le laboratoire RAIN fournit des services de référence sur les ERV à tous les laboratoires hospitaliers et les laboratoires de santé publique du Canada. Pour effectuer les analyses, nous avons besoin d’un isolat pur. Ces analyses sont offertes sur demande.

Les activités du laboratoire comprennent notamment :

  1. L’identification des entérocoques au moyen de méthodes microbiologiques classiques et la différenciation des espèces au moyen de la détection des gènes ddlfaecium, ddlfaecalis et vanC1-3 par PCR.
  2. Les épreuves de sensibilité à divers antimicrobiens par dilution en agar et/ou ETest.
  3. La PCR pour la détection des gènes de résistance à la vancomycine vanA, B, C, D, E et G.
  4. Le typage moléculaire des souches par électrophorèse en champ pulsé (ECP) et/ou analyse multilocus du polymorphisme des séquences répétées en tandem (MLVA) pour les enquêtes sur des éclosions.
  5. La caractérisation des mécanismes inhabituels ou rares de résistance à la vancomycine, au linézolide, au synercide ou à l’oritavancine.
  6. La distribution, aux laboratoires canadiens effectuant des analyses moléculaires, des nouveaux isolats résistants pour qu’ils les utilisent comme souches témoins positives.

Le laboratoire RAIN est prêt à mettre au point tout test nécessaire pour faire face à un problème émergent de résistance aux antimicrobiens ou pour collaborer à une enquête sur une éclosion d’infection nosocomiale.

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Surveillance des entérocoques

Amorcée en 1998, la surveillance des ERV s’effectue en collaboration avec le Programme canadien de surveillance des infections nosocomiales (PCSIN) [Lien vers le PCSIN]. Ce programme intégré de surveillance continue combine des données épidémiologiques et des données de laboratoire afin de brosser un tableau complet de la présence des ERV au Canada.

Conly, J., M. Ofner-Agostini, S. Paton, L. Johnston, M. R. Mulvey, A. Kureishi, L. Nicholle, A. Matlow, The Canadian Epidemiology Committee, and The Canadian Nosocomial Infection Surveillance Program. 2001. The emerging epidemiology of vancomycin-resistance in Canada: Results of the Canadian Nosocomial Infection Surveillance Program Passive Reporting Network 1994-1998. Revue canadienne de la prévention des infections. 16:71-80.

Les taux d’infection-colonisation par un ERV sont demeurés faibles au Canada au cours des cinq dernières années.

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Périodicité des ERV au Canada

Il est intéressant de noter qu’un profil périodique de détection des ERV a été observé et que le nombre de cas atteint un sommet au printemps. Ce sommet pourrait s’expliquer par les activités accrues de surveillance dans les hôpitaux à cette période de l’année, par l’afflux de vacanciers de retour au Canada après avoir passé les mois d’hiver sous des climats plus chauds ou par une combinaison des deux.

 

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Nouvelles souches résistantes d’ERV

Au cours des dernières années, le laboratoire RAIN a travaillé à la caractérisation d’un certain nombre de nouveaux mécanismes de résistance moléculaire à la vancomycine chez Enterococcus spp. en collaboration avec d’autres laboratoires à l’échelle du Canada.
Actuellement, le Canada est le seul pays à signaler tous les types moléculaires rares de résistance à la vancomycine. À notre avis, cela pourrait s’expliquer par le grand nombre de laboratoires qui effectuent un dépistage des types génétiques connus portant une résistance à la vancomycine et au fait que ces laboratoires savent qu’ils devraient envoyer les souches présentant des mécanismes inhabituels ou non identifiés de résistance à la vancomycine au laboratoire RAIN en vue d’une caractérisation plus poussée.

Si vous isolez une souche d’ERV présentant un mécanisme inconnu de résistance à la vancomycine, veuillez la faire parvenir au laboratoire RAIN pour que nous puissions travailler avec vous à la description des caractéristiques moléculaires de la souche.

Lorsqu’un nouvel ERV est caractérisé, nous distribuons la souche (après avoir obtenu la permission) et les protocoles de PCR aux laboratoires qui effectuent des épreuves moléculaires au Canada pour nous assurer qu’ils peuvent détecter ces formes inhabituelles de résistance.
Voici quelques exemples de nos travaux récents :

  • Le premier ERV de type VanG a été transmis au LNM en 2002 dans le cadre du projet de surveillance des ERV du PCSIN. L’analyse des séquences a révélé que le gène vanG était identique à 99 % au gène vanG1 d’E. faecalis précédemment identifié en Australie. De plus, nous avons identifié une souche d’E. faecalis portant un variant de résistance de type VanG, VanG2, qui n’était pas détectable avec les paires d’amorces de PCR spécifiques du gène vanG décrites dans les publications. Ces deux études ont récemment été publiées.

Boyd, DA, T. Du, R. Hizon, B. Kaplen, T. Murphy, S. Tyler, S. Brown, F. Jamieson,  K. Weiss, MR. Mulvey, and the Canadian Nosocomial Infection Surveillance Program. 2006.  VanG-type vancomycin resistant Enterococcus faecalis isolated in Canada.  Antimicrobial Agents and Chemotherapy. 50:2217-2221.

  • À l’aide des amorces universelles spécifiques du gène vanD et de l’analyse des séquences, nous avons identifié un variant de VanD, qui a été nommé VanD6. Les concentrations minimales inhibitrices (CMI) de vancomycine et de teicoplanine mesurées avec la souche d’E. gallinarum étaient respectivement de 256 mg/l et de 16 mg/l.

Boyd, DA, M. A. Miller, and M. R. Mulvey. E. gallinarum N04-0414 harbors a VanD-type vancomycin resistance operon and does not contain a D-alanine:D-alanine 2 (ddl2) gene. Antimicrobial Agents and Chemotherapy. 50:1067-70

  • Nous avons identifié un variant de résistance de type Van chez une souche d’E. faecium et l’avons nommé VanD5. Ce variant n’était pas détectable au moyen des paires d’amorces de PCR spécifiques du gène vanD décrites dans les publications. Cette souche, de même que les séquences d’une nouvelle paire d’amorces « universelles » de PCR spécifiques du gène vanD, a été distribuée aux laboratoires canadiens qui détectent les ERV par la technique de PCR.

Boyd, D.A., P. Kibsey, D. Roscoe, and M.R. Mulvey on behalf of the Canadaian Nosocomial Infection Surveillance Program (CNISP). 2004. Enterococcus faecium N03-0072 carries a new VanD-type vancomycin resistance determinant: characterization of the vanD5 operon. J. Antimicrob. Chemother. 54:680-683.

  • Nous avons soumis un rapport sur la forme VanE de résistance à la vancomycine. Ce rapport était le deuxième présenté dans le monde entier sur ce type de résistance. Les CMI de vancomycine et de teicoplanine mesurées avec la souche d’E. faecalis étaient respectivement de 24 µg/ml et de 0,5 µg/ml.

Boyd, D., T. Cabral, P. Van Caeseele, J. Wylie, and M.R. Mulvey. 2002.  Molecular characterization of the vanE gene cluster in vancomycin-resistant Enterococcus faecalis N00-410 isolated in Canada.  Antimicrobial Agents and Chemotherapy. 46:1977-1979.