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Laboratoire nationale de microbiologie

Directives provisoires sur la détection et la caractérisation du virus H1N1 pandémique (2009) en laboratoire

Directives provisoires sur la détection et la caractérisation du virus H1N1 pandémique (2009) en laboratoire
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Sommaire

La détection du virus de la grippe et la distinction entre les souches saisonnières et pandémiques sont essentielles en matière de surveillance, de diagnostic, de traitement et de prévention des infections. En outre, il faut surveiller le virus H1N1 pandémique (pH1N1) (2009) pour déceler la résistance aux antiviraux ainsi que les variations antigéniques. Il est aussi important de souligner le besoin de surveiller les autres agents viraux communs qui co-circulent pendant la saison grippale.

Le Réseau de préparation des laboratoires à une pandémie d’influenza (RPLPI) du Réseau des laboratoires de santé publique du Canada (RLSPC) a mis au point ce document pour servir de guide provisoire de pratiques exemplaires pour la détection et la caractérisation du virus pH1N1. Pour garantir une approche uniforme dans tout le pays, on y présente les pratiques exemplaires en matière de collecte, de transport et d’analyse des échantillons et de biosécurité, selon une perspective axée sur les laboratoires de santé publique canadiens.

Voici un bref résumé des pratiques exemplaires recommandées :

  1. Un dépistage des virus grippaux dans la population devrait être effectué à des fins de surveillance (p. ex. réseaux de médecins-sentinelles). Lorsque le virus pH1N1 sera répandu, les tests de diagnostic devraient être axés sur les patients hospitalisés qui présentent une maladie respiratoire sévère (MRS) ou un syndrome grippal (SG) et sur les patients pour lesquels ces tests faciliteront les décisions quant aux soins, aux mesures de prévention des infections ou à la prise en charge des contacts étroits. Les tests sont aussi recommandés dans les cas de décès à la suite d’une maladie aiguë lorsqu’une grippe est soupçonnée, dans les cas de résistance potentielle aux antiviraux (zanamivir ou oseltamivir) et dans les cas d’événements indésirables (p. ex. patients cliniquement malades et hospitalisés; patients dont l’état clinique se détériore).
  2. Le prélèvement naso-pharyngé (PNP) est la méthode de choix pour la collecte des échantillons en vue des tests de routine. Il faut utiliser un écouvillon floqué et transmettre l’échantillon dans un milieu de transport viral (MTV) ou un milieu de transport universel (MTU). Dans les cas de MRS, il faut, en plus du PNP, prélever des sécrétions par aspiration endotrachéale (AET) ou par lavage broncho-alvéolaire (LBA) (le type d’échantillon dépend de la validation d’épreuve, laquelle varie d’un site à l’autre. Un lavage bronchique, si validé, peut être acceptable en tant que LBA si les données montrent une équivalence. Le LBA offre toutefois un rendement supérieur à celui du lavage bronchique, dont le rendement est équivalent à celui de l’AET). Les pièces autopsiques peuvent comprendre des tissus et des écouvillonnages des voies respiratoires.
  3. Le test d’amplification des acides nucléiques (TAN), par exemple l’épreuve de transcription inverse-amplification en chaîne par polymérase en temps réel (rRT-PCR), est la méthode de choix pour les tests de routine de détection du virus pH1N1. Une culture virale au moyen de cellules MDCK ou de lignées cellulaires rénales de singe rhésus en culture primaire est nécessaire pour surveiller la résistance aux antiviraux et les variations antigéniques.
  4. Dans les régions éloignées, on pourra envisager le recours à des tests rapides effectués au point de service (PDS). Compte tenu de la sensibilité limitée de ces tests, un résultat négatif n’écarte pas la possibilité d’une grippe, en particulier la grippe pH1N1. De plus, ces tests ne permettent pas de différencier la souche pH1N1 des souches saisonnières. Par conséquent, le recours aux tests au PDS n’est pas recommandé pour éclairer la prise de décisions cliniques quant au diagnostic et au traitement de patients individuels.
  5. Chaque province devrait idéalement avoir au moins un laboratoire capable d’effectuer des tests génotypiques de résistance aux antiviraux. Si tel n’est pas le cas, des dispositions doivent être prises pour obtenir ce service.
  6. Les laboratoires de santé publique (LSP) provinciaux doivent fournir une proportion (jusqu’à 10 %) des isolats de grippe issus de cas communautaires et de cas hospitalisés, en particulier les isolats de pH1N1, au Laboratoire national de microbiologie (LNM) de manière continue pour surveiller la résistance aux antiviraux et les variations antigéniques.
  7. Le LNM doit continuer d’effectuer des tests de référence et de procéder régulièrement à des tests phénotypiques et génotypiques pour surveiller la résistance aux antiviraux et les variations antigéniques. Le LNM doit aviser le RPLPI de toute mutation associée à une résistance aux antiviraux autre que la mutation H275Y. Le LNM devrait normaliser les épreuves de polymorphisme mononucléotidique (SNP) pour la détection de la mutation H275Y chez les virus H1N1 tant pandémiques que saisonniers.
  8. Les autres agents viraux associés au syndrome grippal qui sont en circulation devraient aussi faire l’objet d’une surveillance constante pendant la saison grippale.
  9. On devrait promouvoir la décentralisation du TAN pour la détection du virus grippal au profit des laboratoires hospitaliers afin d’accroître la capacité diagnostique de façon à pouvoir répondre à la demande accrue.