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Rapport des accomplissements

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Message de l’administrateur en chef de la santé publique

David Butler-Jones, Chief Public Health Officer

Dr David Butler-Jones, M.D., M.Sc.S, FRCPC, CCFPC, FACPM
Administrateur en chef de la santé publique
Agence de la santé publique du Canada

Je suis heureux d’avoir l’occasion de souligner la contribution inestimable du Laboratoire national de microbiologie (LNM) qui a aidé l’Agence de la santé publique du Canada à respecter son engagement à protéger la santé et la sécurité des Canadiens.

C’est souvent en temps de crise que la santé publique suscite le plus d’intérêt. Pourtant, la plus grande partie du travail se fait d’avance-volets préparation et planification. À bien des égards, on ne peut mesurer la contribution du LNM parce qu’il est impossible d’établir le nombre d’éclosions qu’il a permis d’éviter ou de maladies qu’il a prévenues. Travaillant dans l’ombre de façon générale, le personnel de l’ASPC fait, lentement mais sûrement, une différence dans la vie des Canadiens. Il importe donc de faire une pause afin de rendre hommage aux efforts de ces gens.

Au fil des ans, le LNM a fait preuve d’un leadership solide au pays comme à l’étranger. Il a à son actif des réalisations exceptionnelles telles que la direction du Global Health Security Action Group Laboratory Network, la mise au point d’un vaccin contre l’Ebola et la création du Réseau canadien d’information sur la santé publique. En tant que Canadiens, nous devons être fiers des efforts déployés au LNM.

Je félicite le LNM d’avoir eu l’initiative de faire le point sur ses réalisations, de renouveler son engagement et de réitérer sa vision de l’avenir. Je suis persuadé que le LNM, grâce à son personnel dévoué et à ses partenariats solides, continuera d’exceller en tant que principal laboratoire de santé publique, et demeurera respecté à l’échelle nationale comme à l’échelle et internationale.

L’Agence de la santé publique du Canada

En septembre 2004, l’Agence de la santé publique du Canada a été créée pour honorer l’engagement du gouvernement du Canada à contribuer à la protection de la santé et de la sécurité de tous les Canadiens en accordant une plus grande importance à la santé publique. L’administrateur en chef de la santé publique (ACSP) du Canada dirige l’Agence qui, à l’instar de Santé Canada, relève du ministre fédéral de la Santé.

La Loi sur l’Agence de la santé publique du Canada,
en vigueur depuis décembre 2006, stipule que
l’Agence doit :

  • renforcer la capacité du Canada de protéger la santé et la sécurité des Canadiens
  • superviser les efforts fédéraux visant à renforcer la capacité nationale de déterminer et de réduire les risques pour la santé publique
  • élaborer, mettre en oeuvre et évaluer des politiques et des programmes qui permettent aux Canadiens de vivre plus sainement

La création de l’Agence, et la nomination de l’ACSP à titre d’administrateur général de l’Agence, de conseiller au ministre en matière de santé publique et de premier professionnel de la santé publique au Canada, ont marqué le début d’un nouveau leadership fédéral et d’une collaboration plus grande avec les provinces et les territoires dans le cadre des efforts déployés par le gouvernement en vue de renouveler le système de santé publique au Canada.

Message du directeur général scientifique

Francis A. Pummer, Scientific Director General

Dr Francis A. Plummer, O.C., M.D., LL.D., FRCPC, FRSC
Directeur général scientifique
Laboratoire national de microbiologie
Agence de la santé publique du Canada

Il me fait plaisir de vous présenter le premier Rapport des accomplissements du Laboratoire national de microbiologie, lequel souligne nos principales réalisations et donne un aperçu de notre orientation future.

Le Centre scientifique canadien de santé humaine et animale (CSCSHA), où se trouve le Laboratoire national de microbiologie (LNM), a officiellement ouvert ses portes en juin 1999, mais certains de ses premiers laboratoires sont entrés en activité en 1998. Depuis, le LNM tient un rôle de premier plan au chapitre de la capacité du Canada à affronter plusieurs défis en matière de santé publique. Il est notamment intervenu lors de l’apparition du virus du Nil occidental sur le continent en 1999 pour empêcher sa propagation vers l’Ouest, de même que lors de l’épisode du SRAS au Canada en 2003. Certains de ces défis ont mis notre capacité à l’épreuve, mais ont aussi créé des occasions d’apprentissage uniques qui nous ont permis de nous perfectionner.

C’est aussi au cours de cette période qu’a été établie l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) afin de renforcer la capacité du gouvernement du Canada à protéger la santé et la sécurité des Canadiennes et des Canadiens et pour servir de pôle national et diriger les efforts visant à mettre de l’avant et à faire progresser le domaine de la santé publique, tant à l’échelle nationale qu’à l’échelle internationale. En tant que principal laboratoire de santé publique pour les maladies infectieuses au Canada, le LNM joue un rôle central au sein de l’Agence. Voué à la prévention des maladies infectieuses et à la lutte contre ces maladies, ses principales fonctions consistent à offrir des services de référence et de diagnostic, à mener de la recherche appliquée et de la recherche d’exploration, à fournir du perfectionnement et de la formation, à préparer des mesures d’urgence et à intervenir en cas d’éclosion. Ces activités contribuent directement à améliorer la santé publique au Canada.

Nous savons que les menaces liées aux maladies infectieuses ne se dissiperont pas. En effet, trente nouveaux pathogènes sont apparus ces trente dernières années et des pathogènes existants continuent de réapparaître. Ceux-ci acquièrent souvent une résistance aux antimicrobiens, ce qui constitue un défi supplémentaire. Le LNM ne ménage aucun effort pour éliminer les menaces actuelles et pour se préparer à toute éventualité. Mais nous ne sommes pas seuls dans cette entreprise. En travaillant de concert avec les intervenants et nos partenaires, nous parviendrons à atténuer les répercussions des maladies infectieuses. Plus particulièrement, j’aimerais souligner les efforts de notre partenaire au CSCSHA, le Centre national des maladies animales exotiques de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, de même que ceux du Réseau des laboratoires de santé publique du Canada et de nos collègues de l’ASPC à Ottawa et aux quatre coins du pays, qui collaborent étroitement avec nous, jour après jour.

Je veux aussi remercier chacun des membres de l’équipe du LNM, qui contribuent tous à la réussite de cette organisation. Je me réjouis à l’idée de travailler avec eux tandis que

Présentation du Laboratoire national de microbiologie

Unique au monde

Le principal rôle de l’Agence de santé publique du Canada est de diriger les efforts fédéraux et mobiliser l’action pancanadienne dans la prévention des maladies et des blessures, ainsi que de promouvoir et protéger la santé publique tant à l’échelle nationale qu’internationale. Tel un joueur de centre au sein de l’équipe de la Direction générale des maladies infectieuses et des mesures d’urgence (MIMU), le Laboratoire national de microbiologie (LNM) appuie les efforts du Canada dans la prévention et le contrôle des maladies infectieuses en offrant des services de laboratoire en santé publique à l’échelle nationale et en effectuant des travaux de recherche appliquée et d’exploration sur les maladies infectieuses existantes, en émergence et rares.

Le Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l’Agence de la santé publique du Canada est situé au même endroit que le Centre national des maladies animales exotiques (CNMAE) de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, au Centre scientifique canadien de santé humaine et animale (CSCSHA) situé à Winnipeg, au Canada. Le CSCSHA est le seul établissement permettant d’effectuer de la recherche sur les maladies infectieuses humaines et animales au niveau le plus élevé de confinement biologique. Ces installations ultramodernes, où se trouve le seul laboratoire de niveau de confinement 4 qui soit opérationnel au Canada, se taillent une place de choix parmi un groupe de centres prestigieux répartis dans le monde entier qui sont dotés de laboratoires de niveau de confinement 2 à 4 permettant de manipuler en toute sécurité des organismes infectieux allant des plus simples aux plus mortels.

En tant que pilier de l’ASPC, le LNM établit sa feuille de route et mène ses activités d’une manière qui tient compte de la vision et de la mission de l’Agence et qui contribue à l’atteinte de ses objectifs.

  Vision Mission
Agence de la santé publique du Canada Des Canadiens et des collectivités en santé dans un monde plus sain. Promouvoir
et protéger la santé des Canadiens grâce au leadership, aux partenariats, à l’innovation et aux interventions en matière de santé publique.
Laboratoire national de microbiologie Organisme de classe internationale voué à la protection de la santé publique des Canadiens et de la population mondiale. Améliorer la santé humaine grâce au leadership dans le travail en laboratoire, à l'excellence scientifique et à l’innovation en matière de santé publique.

Le travail quotidien

Le LNM est investi d’une mission double : offrir des services de référence en santé publique et offrir des programmes de recherche de renommée internationale sur les pathogènes établis, nouveaux et rares. Les activités que suppose cette mission double sont menées à la fois directement, grâce aux efforts déployés par le personnel du LNM, et indirectement, par le truchement de partenariats avec les collègues de l’ASPC et d’autres ministères et organismes fédéraux ainsi qu’avec des organisations externes (comme des établissements universitaires, des laboratoires provinciaux, des régies régionales de la santé et des organismes internationaux voués à la santé). Peu importe qui y participe, toutes les activités scientifiques du LNM sont menées par quatre divisions des services de laboratoire et sont appuyées par des principaux programmes communs consacrés au soutien opérationnel et aux sciences. Les quatre divisions, qui comprennent chacune des champs de recherche sur des maladies ou des fonctions particulières, sont les suivantes :

Bactériologie et maladies entériques, axée sur les maladies bactériennes, y compris les maladies d’origine communautaire comme la tuberculose, les maladies transmissibles sexuellement d’origine bactérienne, la méningite, les maladies acquises en milieu hospitalier et les organismes résistant à un vaste éventail d’antibiotiques, ainsi que les pathogènes entériques d’origine alimentaire et hydrique comme les bactéries E. coli et Salmonella

Maladies à prions, axée sur les encéphalites spongiformes transmissibles comme la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) et l’encéphalite spongiforme bovine (ESB)

Maladies virales, axée sur diverses maladies virales comme l’hépatite A et E et d’autres maladies transmissibles par le sang, les viroses respiratoires et les exanthèmes viraux comme la rougeole, et les infections virales transmissibles sexuellement comme le virus du papillôme humain

Zoonoses et pathogènes spéciaux, axée sur les zoonoses virales et bactériennes et sur les zoonoses causées par des rickettsies (maladies transmises aux humains par d’autres espèces), comme le virus du Nil occidental, et les agents de niveau de confinement 4, comme le virus Ebola, le virus de Marburg et la fièvre de Lassa

Toutes les activités scientifiques menées par les divisions du LNM se divisent en cinq grandes catégories. Essentielles à la réalisation du mandat du Laboratoire et de l’Agence, ces fonctions de base sont les suivantes :

Les services de référence et de diagnostic, qui englobent les essais à faible volume, de première ligne et de diagnostic, les épreuves de confirmation, les activités de contrôle et d’assurance de la qualité (p. ex. la fourniture de réactifs de contrôle de la qualité, l’exécution de programmes de vérification de la compétence), l’élaboration et l’évaluation de méthodes, et le transfert detechnologie (p. ex. des protocoles normalisés)

Les activités de surveillance, qui, menées de concert avec les collègues de l’ASPC et d’autres partenaires fédéraux, de même qu’avec les provinces et les territoires, supposent la surveillance de l’apparition éventuelle de maladies nouvelles ou rares, la surveillance de l’élimination de maladies établies et la consignation des mesures prises pour y arriver, et la surveillance des tendances que suivent les maladies à déclaration obligatoire à l’échelle du Canada, en vue de prendre des mesures opportunes et appropriées en matière de santé publique

La recherche appliquée et la recherche d’exploration, qui, menée en collaboration avec des partenaires canadiens et internationaux, englobent des activités de recherche appliquée, comme l’élaboration et l’évaluation de vaccins ou de techniques de diagnostic, ainsi que des activités de recherche d’exploration destinées à améliorer la compréhension des systèmes biologiques

Le perfectionnement et la formation, qui supposent la mise en oeuvre de possibilités de formation pour des chercheurs canadiens et internationaux et pour les professionnels de la santé publique, de même que l’exécution de programmes de stage pour les boursiers de recherches postdoctorales et les étudiants de premier, deuxième et troisième cycles

La préparation aux situations d’urgence et la capacité d’intervention en cas d’éclosion, ce qui suppose la surveillance des développements à l’échelle mondiale, de même que la préparation et le soutien des efforts nationaux et internationaux d’intervention en cas d’urgence, plus précisément en cas de graves éclosions de maladies infectieuses, de menaces bioterroristes ou d’autres actes délibérés faisant appel à des agents infectieux

Labatrory information

Programmes du laboratoires

  • Bactériologie et maladies entériques
  • Maladies à prions
  • Maladies virales
  • Zoonoses et pathogènes spéciaux
  • Sciences, technologie et services essentiels

Fonctions du laboratoire

  • Référence
  • Surveillance
  • Recherche
  • Formation
  • Mesures/Interventions

Rôle à l’égard de la santé publique

  • Prévoir les menaces relatives à la santé publique, s’y préparer et intervenir.
  • Surveiller les maladies au Canada et dans le monde, mener de la recherche et des enquêtes sur ces maladies, et établir des rapports à ce sujet.
  • Offrir des conseils, de l’information, du leadership et du soutien aux intervenants du milieu de la santé publique, au Canada et à l’étranger

Une longue tradition de réussite

Un début prometteur

Depuis la mise en place du Centre scientifique canadien de la santé humaine et animale (CSCSHA), le Laboratoire national de microbiologie (LNM) et le Centre national des maladies animales exotiques (CNMAE) ont été à l’avant-plan de la recherche sur les maladies infectieuses à l’échelle internationale. En plus d’être devenu le premier établissement de recherche en santé humaine et animale au monde, le CSCSHA abrite le premier laboratoire de confinement biologique de niveau 4 au Canada, ainsi que ses laboratoires de niveaux 2 et 3. L’amélioration de l’infrastructure du laboratoire national de santé publique a permis au Canada de se hisser au rang des quelques pays ayant la capacité de manipuler les pathogènes les plus mortels au monde.

Depuis son ouverture officielle, il y a près de 10 ans, le LNM continue de respecter son engagement. Si l’effectif de départ du LNM se composait de moins de 100 employés, il compte aujourd’hui plus de 400 personnes, dont certains des plus éminents chercheurs scientifiques au monde. Par ailleurs, le LNM constitue un milieu de formation exceptionnel pour l’étude de la microbiologie et des maladies infectieuses; plus de 100 boursiers de recherches postdoctorales et étudiants de premier, deuxième et troisième cycles ont pour superviseur un scientifique du LNM au cours d’une année donnée. Sous la coordination du Centre de mesures et d’interventions d’urgence (CMIU) de l’ASPC, le LNM travaille en étroite collaboration avec d’autres collègues de l’ASPC et du gouvernement fédéral, ainsi qu’avec des organismes provinciaux, territoriaux et internationaux, lorsque survient une éclosion.

Certaines des principales contributions et réalisations du LNM au cours des dernières années sont exposées ci-dessous.

Services de référence et de diagnostic

Des clients canadiens tout comme des clients internationaux comptent désormais sur les multiples capacités du LNM en matière de référence et d’épreuve diagnostique. Qu’il s’agisse de fournir une expertise recherchée ou d’appuyer la capacité locale, le LNM effectue des dizaines de milliers de tests par année, ce qui suppose l’utilisation de toute une gamme de pathogènes de maladies infectieuses.
Le LNM offre une multitude de tests différents, dont la majorité appartiennent à l’une des catégories suivantes : culture (croissance d’un microorganisme) et identification; épreuves basées sur les acides nucléiques (p. ex. les épreuves fondées sur la réaction en chaîne de la polymérase); épreuves de susceptibilité (détermination de la capacité d’un antibiotique à détruire une bactérie ou à en entraver la croissance); et pathologie (examen d’organes, de tissus, de cellules et de fluides corporels).

Nombre total d’échantillons par type d’essai* (d’avril 2006 à mars 2007)
Type d’essai Nombre total d’échantillons
Test d’acide nucléique 19894
Culture et identification 16393
Sérologie 15375
Épreuve de sensibilité 7704
Pathologie 196
Autres 84
*Des tests multiples sont effectués sur quelques échantillons.

Dans le cas des essais que le LNM n’offre pas à l’une de ses installations, il finance des laboratoires externes pour qu’ils fournissent des services particuliers de référence en microbiologie. Parmi les laboratoires qui sont actuellement partenaires du LNM, citons le Centre national de référence en parasitologie (Université McGill, Montréal) et le National Centre for Streptococcus (ProvLab Alberta, Edmonton). De plus, le LNM soutient le nouveau Réseau de mycologie, qui a pour mission de déterminer les activités prioritaires comme la surveillance et les diagnostics de fongus et de participer à ces activités.

En 2006-2007, le LNM a mené plus de 50 000 essais pour des laboratoires situés d’un bout à l’autre du Canada ainsi que pour des clients internationaux.

Engagé à assurer l’excellence de ses services de référence et de diagnostic et, par ricochet, ceux de ses clients, le LNM a obtenu son accréditation à la norme ISO 17025, une norme internationale qui régit les « exigences générales concernant la compétence des laboratoires d’étalonnage et d’essais ». Le Conseil canadien des normes (CCN) tient lieu d’organisme d’accréditation. L’un des éléments de base d’un système qualité accrédité ISO 17025 est l’amélioration continue; jusqu’ici, 34 essais menés dans 10 sections de services de laboratoire ont été accrédités ou évalués à des fins d’accréditation par le CCN, et on déploie des efforts pour élargir la portée de l’accréditation.

En plus d’assurer la qualité de leurs propres services d’essais et de leur matériel, les divisions du LNM fournissent des conseils, des normes et de la formation à des laboratoires clients. Ce faisant, elles accroissent leur capacité à mener des évaluations à des fins de surveillance, de produire des réactifs de laboratoire et d’en vérifier la qualité.

Activités de surveillance

En 2007, l’ASPC a participé à plus de 50 systèmes de surveillance, dont la majorité font intervenir le LNM. En plus de ses activités nationales, le LNM est associé à de nombreux de systèmes et réseaux de surveillance. On explique ci-dessous certains des moyens par lesquels le LNM participe à la surveillance nationale et mondiale des maladies infectieuses, en collaboration avec l’ASPC

En 2006-2007, le LNM a mené plus de 50 000 essais pour des laboratoires situés d’un bout à l’autre du Canada ainsi que pour des clients internationaux. et d’autres collègues fédéraux, de même qu’avec des partenaires fédéraux, territoriaux et internationaux.

Conception et mise en oeuvre d’un système national de surveillance pour réagir à l’incursion et à la propagation du virus du Nil occidental au Canada, y compris la réalisation d’épreuves diagnostiques et la fourniture de lignes directrices nationales, ainsi que la publication régulière de rapports faisant état de l’activité du virus du Nil occidental

Soutien à la surveillance nationale et mondiale de la grippe et évaluation des risques de pandémie en tant que Centre national de la grippe reconnu par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et membre du Réseau mondial de surveillance de la grippe de l’OMS

La coordination du Programme national de surveillance des maladies entériques et la conclusion d’un protocole d’entente sur le système PulseNet (système de signalement rapide d’éclosions de maladies d’origine alimentaire) des Centers for Disease Control (CDC) aux Etats-Unis. Ceci inclut l’appui à la surveillance à l’aide «d’empreintes digitales» d’ADN des isolats bactériens provenant de cas confirmés en laboratoire de maladies d’origine alimentaire, comme Salmonella, Shigella, Listeria et E. coli

Leadership dans l’élaboration d’un plan préliminaire détaillé en vue de la surveillance nationale du virus du papillôme humain, et mise en oeuvre de la surveillance intensive des modifications possibles du génotype viral à la suite de la mise en place de programmes d’immunisation étape cruciale pour s’assurer que les prochaines versions du vaccin protègent contre un éventail accru de variantes cancérigènes du virus du papillôme humain

Coordination de la surveillance nationale de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), y compris ses formes sporadiques, génétiques, acquises et autres variantes, ainsi que des maladies à prions jamais observées précédemment (p. ex. la maladie débilitante chronique chez les humains), et le partage de statistiques compilées par le truchement du partenariat avec le Groupe d’étude conjoint des pays européens et alliés de la MJC

Le succès de tout système de surveillance repose sur la collecte et le partage efficaces de renseignements. En plus des liens solides qu’il entretient avec ses partenaires nationaux et internationaux, le LNM s’impose rapidement comme chef de file dans l’élaboration de technologie de mise en réseau. Il convient notamment de souligner le rôle du LNM dans la conception et l’exploitation du Réseau canadien de renseignements sur la santé publique (RCRSP). Principale plate-forme de technologie de l’information de l’ASPC en matière de surveillance nationale, d’alerte en temps réel et d’intervention, le RCRSP établit un lien sûr entre plus de 2 000 intervenants en santé publique des quatre coins du Canada. Des groupes de travail intergouvernementaux régis par des programmes dirigent la conception continuelle de nouveaux outils pour le RCRSP de même que l’amélioration permanente de ses outils existants afin de faciliter la diffusion de renseignements stratégiques et la coordination des interventions en santé publique. De plus, des discussions se poursuivent entre les laboratoires canadiens associés et l’OMS en vue de diversifier et d’adapter les outils du RCRSP aux fins d’applications provinciales et internationales.

Sciences, technologie et services essentiels

Conscient du rythme rapide des progrès technologiques et de leur incidence énorme, sans parler du coût des acquisitions et de l’inévitable courbe de familiarisation, le LNM a mis sur pied la division des sciences, de la technologie et des services essentiels. Cette division mise sur des technologies moléculaires d’avant-garde combinées à une expertise en biologie moléculaire et à du matériel de pointe pour appuyer le LNM dans ses activités de recherche maison, de surveillance et de diagnostic, et pour offrir ce même soutien à d’autres programmes du CSCSHA de l’ASPC, de même qu’à des clients externes déterminés. Parmi les secteurs de spécialisation, citons les suivants :

Bioinformatique – analyse, modélisation, visualisation, comparaison et extraction assistées par ordinateur de l’ADN et de données sur la séquence des protéines

Génomique – synthèse, séquençage et génotypage de l’ADN et analyse des microréseaux d’ADN, pour permettre l’analyse rapide et précise des processus pathogéniques des maladies infectieuses

Protéomique et spectrométrie de masse – production et interprétation de données sur l’identité, la concentration et l’activité des protéines, dans le but de concevoir des marqueurs candidats pour le diagnostic et les cibles de médicaments

Anticorps monoclonaux – mise au point d’immunoréactifs et de bioessais essentiels à la recherche sur les maladies ainsi qu’aux activités de diagnostic et de traitement ciblant les menaces de maladies infectieuses

Recherche appliquée et recherche d’exploration

Publications approuvées par les collègues par division (d’avril 2004 à mars 2007)
Division Publications approuvées par les collègues
Bactériologie et maladies entériques 121
Zoonoses et pathogènes spécaux 89
Maladies virales 72
Sciences, technologie et services essentiels 19
Maladies à prions 15
Autres 12

Outre ses principales fonctions de référence, de diagnostic et de surveillance, le LNM s’impose comme institut de recherche de classe mondiale. Menée de concert avec des partenaires nationaux et internationaux, la recherche sur des maladies infectieuses existantes et émergentes, leurs caractéristiques, leur mode de transmission, les moyens de les prévenir et les façons de les traiter produit des données scientifiques utiles à l’élaboration de politiques, de programmes et de services de santé publique, ainsi qu’à la mise au point de nouvelles thérapies et de nouveaux traitements.

Qu’il s’agisse de formuler des méthodes de diagnostic nouvelles et améliorées, de découvrir les facteurs sous-jacents de la virulence d’une maladie ou de mettre au point des réserves de souches aux fins de la production de vaccins, les capacités de recherche et les réalisations du LNM sont bien connues. Les scientifiques du LNM ont contribué à plus de 300 publications de recherche canadiennes et internationales au cours des trois dernières années seulement et se sont vus décerner des prix honorifiques. En outre, des brevets ont été déposés ou sont en instance pour une vaste gamme de percées scientifiques

Voici certains exemples de contributions marquantes du LNM à l’avancement de la recherche sur les maladies infectieuse.

  • Le LNM a été un membre de premier plan au sein de l’équipe de recherche qui, dans les laboratoires de niveau 4 du LNM, ont recréé le virus de la « grippe espagnole » auquel est associé la terrible pandémie de grippe de 1918. Des membres de l’équipe ont déterminé depuis que la biologie unique de ce virus est la cause de la gravité de la maladie dont il est à l’origine. Pour ce faire, ils ont illustré comment le virus stimule et active en permanence la réaction immunitaire, ce qui contribue en en bout de ligne à la létalité. Cette découverte ouvre de nouvelles voies aux chercheurs, y compris la possibilité d’élaborer des traitements contre des virus semblables susceptibles d’apparaître chez les humains.
  • Les scientifiques du LNM ont mis au point des vaccins qui protègent les singes contre les virus mortels d’Ebola et de Marburg et contre la fièvre de Lassa et qui pourraient un jour permettre de protéger les humains. Créé dans les laboratoires de niveau 4 du LNM, un vaccin expérimental contre l’Ebola a été injecté à des souris et s’est révélé efficace. Des études subséquentes sur des primates non-humains ont démontré la protection et l’efficacité du vaccin après exposition. La technique utilisée pour mettre au point le vaccin contre l’Ébola, a également été utilisée pour mettre au point des vaccins contre la fièvre de Marburg et la fièvre de Lassa, lesquels se sont avérés tout aussi efficaces.
  • Plus récemment, des chercheurs du LNM ont travaillé en collaboration avec des scientifiques de l’Université du Wisconsin à la mise au point d’une forme « sûre » du virus d’Ebola. La structure et le cycle de croissance du virus modifié sont semblables à ceux de l’Ebola sous sa forme naturelle, mais, dépourvu du gène qui est nécessaire pour qu’il se multiplie et cause la maladie, il n’est pas infectieux. Les scientifiques peuvent maintenant étudier en toute sécurité ce pathogène dans des laboratoires de niveau 2, contrairement à ceux de niveau 4. Étant donné le nombre croissant de scientifiques qui étudient les cycles de vie de l’Ebola et les traitements possibles, la mise au point du nouveau virus d’Ebola risque fort probablement d’aboutir à la création d’un vaccin pour les humains.

Investigating an outbreak of Marburg hemorrhagic fever

Scientifiques de l’ASPC en Angola faisant enquête sur une éclosion de fièvre hémorragique de Marburg. C’est pendant cette mission que les scientifiques du LNM ont appris la réussite de leur recherche sur le vaccin contre l’Ebola.

  • Grâce à du financement offert par la Bill and Melinda Gates Foundation, les National Institutes of Health et les Instituts de recherche en santé du Canada, le LNM s’est associé à l’Université du Manitoba, à l’Université de Nairobi et à de nombreux autres collaborateurs et institutions afin d’étudier les raisons pour lesquelles certaines personnes sont résistantes à l’infection par le VIH et certaines personnes infectées ne développent pas le sida. La compréhension de ce qui constitue et entraîne l’immuno-protection contre le VIH-1 va faire grandement avancer la recherche sur le vaccin contre le VIH et contribuera à l’élaboration de nouvelles thérapies ou de nouveaux traitements pour combattre le VIH/sida.
  • Les scientifiques du LNM ont été les premiers à découvrir et à caractériser le coronavirus du SRAS lors de l’éclosion de 2003. La recherche se poursuit dans le but principalement d’améliorer la capacité de diagnostic et la compréhension du coronavirus du SRAS et de sa pathogenèse. De récentes découvertes du LNM à propos du récepteur viral humain sont prometteuses pour le développement antiviral.
  • Le LNM a apporté des contributions considérables à la mise au point et à l’amélioration de réactifs de diagnostic. Notamment, le LNM a conçu des anticorps monoclonaux neutralisants contre le coronavirus du SRAS, capacité maintenant utilisée pour cibler d’autres menaces pour la santé publique qui préoccupent les Canadiens, comme ceux que posent la Neisseria meningitidis, le VIH-1, la fièvre charbonneuse, la grippe pandémique (H5N1, H7 et autres) et les toxines botuliniques.
  • Des chercheurs du LNM ont établi une liste exhaustive de gènes qui sont constamment affectés dans les modèles rongeurs atteints de la maladie à prions. Les chercheurs en sont maintenant à établir des réseaux d’interactions entre ces gènes, ce qui aide à mieux comprendre la cascade inflammatoire et neurotoxique complexe d’une maladie à prions. La compréhension des principaux facteurs sous-jacents à la pathogenèse des prions permet d’établir des cibles en ce qui a trait à la conception de nouvelles thérapies et à leur utilisation comme biomarqueurs de diagnostic.

Se réaligner pour présenter les engagements concernant le VIH

Les laboratoires nationaux du VIH et de rétrovirologie (LNVR) et le Bureau des vaccins contre le VIH font partie des récents ajouts aux domaines d’activités du LNM.

En août 2008, le LNVR a été intégré au LNM. Au cours des trois prochaines années, le LNVR déménagera de son emplacement actuel à Ottawa pour être relocalisé au LNM à Winnipeg. Le LNVR, dont les activités s’ajoutent à celles du LNM, fournit un éventail détaillé de services de laboratoire et d’expertise scientifique dans le domaine du VIH et des rétrovirus en émergence. Le Bureau des vaccins contre le VIH (BVV) a été créé pour fournir des services administratifs et mettre en place des activités s’insérant dans le programme et les politiques de l’ASPC et ce, dans le cadre de l’Initiative canadienne de vaccin contre le VIH (ICVV). Situé à Ottawa, les activités du BVV se font sous les auspices du LNM.

Perfectionnement et formation

Fort de son personnel de haut calibre, de ses installations à la fine pointe et de ses capacités uniques en matière de lutte nationale et mondiale contre les maladies infectieuses, le LNM est appelé quotidiennement à partager son expertise et sa capacité. L’un des principaux moyens qu’il prend pour le faire est d’ouvrir ses portes et de diffuser ses connaissances en offrant des occasions de perfectionnement et de formation aux chercheurs scientifiques, aux professionnels de la santé publique et aux étudiants en santé publique.

Chaque année les programmes du LNM offrent une variété de cours de formation touchant tous les aspects des activités menées en laboratoire. La demande et le nombre d’inscriptions à ces cours ne cessent d’augmenter; plusieurs centaines de personnes participent chaque année à des cours offerts sur demande ou selon un horaire régulier. Les sujets de formation vont de la recherche et des méthodes d’épreuves diagnostiques à la formation des équipes d’intervention d’urgence, en passant par les procédures de bioconfinement et l’entretien des lieux de confinement.

L’un des cours de formation les plus anciens et les plus connus offerts par le LNM est l’atelier international annuel sur la biosécurité à niveau de confinement élevé. Maintenant dans sa septième année d’existence, cet atelier est offert par l’ASPC, par le truchement du Bureau de gestion des biorisques du LNM, et par le Centre international des maladies infectieuses, situé à Winnipeg, de même que par Smith Carter Architects and Engineers Inc. et le Center for Public Health Preparedness and Research de la Rollins School of Public Health à la Emory University. Considéré comme le cours le plus poussé de ce genre au monde, cet atelier offre de la formation sur des aspects cruciaux du confinement biologique aux professionnels de la biosécurité, ainsi qu’aux exploitants et aux gestionnaires d’installations de bioconfinement de partout sur la planète. Un cours rigoureux d’une durée de cinq jours permet aux participants de faire l’expérience concrète des laboratoires de niveaux 3 et 4 du CSCSHA, l’un des complexes de laboratoires de confinement les plus renommés au monde.

En plus d’offrir des cours de formation, le LNM dispense des séances d’orientation et organise des visites de ses installations pour des scientifiques canadiens et des chercheurs étrangers en visite, dont beaucoup sont à la recherche de renseignements et d’idées au sujet de la construction ou de l’exploitation de laboratoires. De plus, des programmes de résidence sont offerts, sous la supervision de scientifiques du LNM, à des boursiers de recherches postdoctorales de partout dans le monde, à des étudiants canadiens de cycle supérieur en médecine et à des étudiants de deuxième et de troisième cycles (en collaboration avec l’Université du Manitoba) ainsi qu’à des étudiants de premier cycle des quatre coins du Canada (par le truchement du Programme fédéral d’expérience de travail étudiant et des programmes d’alternance travail-études). En 2006-2007, près de 150 personnes travaillaient au LNM dans le cadre de programmes de stages d’une durée variant de plusieurs mois à plusieurs années.

Norme internationale sur la biosécurité en laboratoire

In 2007, participants came from Kenya, China, New Zealand, Switzerland, Mexico, Singapore, US, Sweden, Germany, and other regions of Canada to attend the 6th Annual International High Containment Biosafety Workshop.

En 2007, des participants sont venus du Kenya, de Chine, de Nouvelle-Zélande, de Suisse, du Mexique, de Singapour, de Suède, d’Allemagne et d’autres régions du Canada pour assister au sixième atelier international annuel sur la biosécurité à niveau de confinement élevé.

En novembre 2007, la première norme internationale sur la biosécurité en laboratoire a été approuvée, au terme de trois années de travail acharné. En cours de mise en oeuvre dans des laboratoires à l’échelle mondiale, cette norme permet d’établir un système commun de gestion de la biosécurité qui réduit au minimum les risques éventuels que présentent les activités menées en laboratoire pour les employés, la collectivité et l’environnement.

Par le truchement du LNM, l’ASPC a été l’un des principaux instigateurs de ce projet, de concert avec d’autres intervenants clés (p. ex. les associations européenne, de l’Asie du Pacifique et américaine de la biosécurité, l’OMS, Det Norske Veritas). En plus de représenter l’ASPC dans le cadre de collaborations internationales, le directeur scientifique du Bureau de gestion des biorisques du LNM a présidé l’atelier du Comité européen de normalisation par lequel 24 pays ont adopté à l’unanimité la nouvelle norme.

Avant la mise en oeuvre de cette initiative, il n’existait aucun moyen de vérifier si les installations situées aux quatre coins du monde étaient certifiées conformes et possédaient l’équipement approprié pour mener en toute sécurité de la recherche sur des agents infectieux. En raison de l’absence d’une norme commune, il était aussi difficile pour les établissements de différents pays de mener de la recherche en collaboration. Maintenant qu’un mécanisme assurant la conformité aux mêmes exigences est en place, la norme adoptée récemment permettra aux laboratoires à l’échelle mondiale d’être au diapason.

Mesures d’urgence et intervention en cas d’éclosion

C’est essentiellement au chapitre des mesures d’urgence et des interventions en cas d’éclosion que s’entrecroisent toutes les fonctions du LNM. En effet, les services de réérence et de diagnostic, la surveillance, la recherche appliquée et la recherche d’exploration, le perfectionnement et la formation soutiennent activement le laboratoire national dans ses rôles de planification, de surveillance, d’identification des maladies infectieuses, et l’aident à intervenir en cas d’éclosions de maladies infectieuses et d’autres menaces liées à des agents infectieux. Sous la coordination du Centre de mesures et d’interventions d’urgence (CMIU) de l’ASPC, le LNM travaille en étroite collaboration avec d’autres collègues de l’ASPC et du gouvernement fédéral, ainsi qu’avec des organismes provinciaux, territoriaux et internationaux, lorsque survient une éclosion.

Qu’il s’agisse de mesures prises à l’égard de maladies établies ou exotiques, ou que des éclosions surviennent au Canada ou ailleurs dans le monde, le LNM est devenu une ressource fiable et recherchée dans la préparation des mesures et les interventions en cas d’éclosions de maladies infectieuses. Les améliorations apportées après le 11 septembre 2001 à ses installations et à ses activités, conjuguées au désir des partenaires nationaux et internationaux de renforcer la capacité d’intervention collective en cas d’urgence, font en sorte que l’on fait de plus en plus appel au LNM.

Voici certaines des façons par lesquelles le LNM renforce la capacité du Canada et d’autres pays à préparer des mesures et à intervenir en cas d’éclosions de maladies infectieuses ou de menaces liées à ces maladies.

  • Au lendemain des attaques terroristes du 11 septembre 2001, le LNM a réuni les directeurs de laboratoiresde niveau de confinement élevé du monde entier pour discuter des questions communes d’ordre opérationnelles et relatives aux interventions d’urgence. À la même époque, des représentants de laboratoires des pays du G7 et du Mexique se sont réunis pour discuter de leurs préoccupations et de leurs capacités ainsi que des moyens d’accroître leur collaboration. À la suite de ces réunions, on a mis sur pied un groupe de travail regroupant des représentants des laboratoires, à l’intérieur du Groupe de travail sur la protection de la santé mondiale (GTPSM). Le GTPSM est un réseau de partenaires internationaux dont l’OMS fait partie, qui a comme objectif de renforcer les interventions en santé publique lors de menaces de bioterrorisme et d’éclosions de maladies infectieuses qui surviennent de manière naturelle. Le LNM joue un rôle central dans la coordination des activités du Groupe de travail des laboratoires du GTPSM
  • En 2005, misant sur l’expérience qu’il a acquise pendant l’épisode du SRAS, le LNM a établi un Centre des opérations (CO) ultramoderne en 2005. Doté d’une vidéomosaïque et des toutes dernières technologies de mise en réseau, cet établissement permet au personnel du LNM de soutenir les interventions d’urgence nationales et internationales en surveillant les développements à mesure qu’ils se produisent, en intégrant des résultats obtenus en laboratoire et en coordonnant l’information de laboratoire provenant de différents réseaux et systèmes de surveillance. Il permet aussi une communication rapide et une coordination efficace avec le CMIU de l’ASPC, situé à Ottawa, avec les laboratoires provinciaux de santé publique et avec d’autres partenaires nationaux et internationaux. Le LNM accorde toujours une grande importance à l’établissement de liens, à l’élaboration de protocoles et à la prestation de la formation nécessaire au succès des efforts nationaux d’intervention.
  • Le LNM exploite et entretient deux laboratoires mobiles de pointe qui peuvent être déployés très rapidement pour apporter un soutien lors de crises en matière de santé publique survenant n’importe où au Canada ou dans le monde. À la demande du Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie de l’OMS, des équipes de scientifiques de l’ASPC sont déployées en même temps que les unités mobiles. Les membres de ces équipes travaillent en étroite collaboration avec l’OMS, les autorités locales et d’autres partenaires mobilisés, et ont une vaste expérience des opérations menées dans les régions les plus reculées du monde et dans les situations les plus risquées. Depuis 2003, les laboratoires mobiles sont intervenus lors d’éclosions du virus Nipah au Bangladesh, de fièvre hémorragique de Crimée-Congo en Iran, de SRAS à Hong Kong et en Chine (en 2003 et en 2004), du virus d’Ebola en République démocratique du Congo (en 2003 et en 2007), de grippe aviaire au Vietnam, du virus de Marburg en Angola et de fièvre de la vallée du Rift au Kenya.
  • En plus d’intervenir en cas d’éclosions de maladies infectieuses, les laboratoires mobiles du LNM servent à renforcer la capacité nationale et internationale d’intervention en cas de menaces bioterroristes ou de guerre biologique. L’équipe d’intervention d’urgence microbiologique du LNM fournit de la formation à des partenaires nationaux et internationaux et coordonne les exercices d’intervention auxquels participent les unités mobiles, l’identification sur le terrain d’agents biologiques et les procédures d’échantillonnage. Cette équipe appuie aussi les activités relatives à la sécurité nationale en déployant des unités mobiles et en élaborant des plans sur la sécurité des sites et des plansd’intervention du laboratoire. Récemment, le laboratoire mobile du LNM a été déployé à Porton Down, au Royaume-Uni, dans le cadre d’un exercice de formation international. Le LNM a aussi joué un rôle de premier plan lors de l’exercice national de formation sur le terrain intitulé BI-EX West, destiné à accroître la capacité d’intervention du Canada en cas de crise terroriste.
  • Chaque année, les divisions du LNM participent àl’identification et à l’examen de nombreuses éclosions locales, nationales et internationales de maladies infectieuses qui n’attirent peut-être pas l’attention des médias, mais qui sont tout de même susceptibles de poser une menace sérieuse pour la santé publique. Malgré l’existence de programmes de prévention et de traitement, on fait souvent appel au soutien du LNM dans le cas d’éclosions de maladies d’origine alimentaire, de Legionella, de tuberculose, de rougeole et d’oreillons, ainsi que des virus de l’hépatite. Même si de nouvelles maladies ou souches de maladies apparaissent continuellement, ce sont les maladies les moins exotiques – qui ne sont pas nécessairement les moins importantes – qui sont à l’origine du plus grand nombre d’interventions du LNM en cas d’éclosion.

Réseau des laboratoires de santé publique du Canada

A view from the back of NML’s Operations Centre, constructed in the very room from which NML coordinated the receipt and testing of over 14,000 possible SARS specimens during the 2003 outbreak.

Vue de l’arrière du Centre des opérations du LNM, dans la salle de conférence où le LNM a coordonné la réception de 14 000 échantillons potentiels du SRAS et la réalisation d’essais sur ces échantillons lors de l’éclosion de 2003.

Le Réseau des laboratoires de santé publique du Canada (RLSPC) est une tribune nationale réunissant des leaders de laboratoires de santé publique. Ce réseau a pour but de mettre à profit les forces de ses membres au service des laboratoires de santé publique et d’appuyer leurs efforts visant à assurer une intervention rapide et coordonnée des laboratoires à l’échelle nationale en cas de menaces liées à des maladies infectieuses émergentes ou résurgentes.

Le LNM finance un secrétariat spécial du RLSPC pour qu’il collabore avec des directeurs médicaux et scientifiques de laboratoires fédéraux et provinciaux de santé publique. Ce secrétariat aide les sous-comités du RLSPC à résoudre les problèmes que rencontrent les laboratoires en ce qui a trait aux interventions en cas de bioterrorisme, à la salubrité de l’eau et des aliments, à la normalisation des pratiques de laboratoire et à la prestation des services de référence. De plus, le secrétariat fournit du soutien à des groupes de travail qui mènent des activités en lien avec la préparation des laboratoires à la pandémie de grippe, le contrôle des infections et la surveillance de maladies ciblées.

Depuis sa mise sur pied au début de 2003, le RLSPC facilite l’élaboration de normes, de protocoles, de définitions de cas et de politiques, ainsi que l’acquisition de matériel pour les laboratoires provinciaux de santé publique. Fidèle à sa mission principale, le RLSPC a toujours fait la preuve de l’efficacité des réseaux dans la coordination des efforts d’intervention des laboratoires, comme ce fut particulièrement le cas pendant l’éclosion du SRAS en 2003.

Comité de liaison communautaire du CSCSHA

Le Comité de liaison communautaire a été établi en 2000 en réaction aux inquiétudes du public au sujet de la sûreté et des procédures de confinement des laboratoires du CSCSHA. Ce comité a pour but d’instaurer et d’entretenir un climat de confiance entre le CSCSHA et la communauté, en fournissant une tribune permanente pour le dialogue et l’échange d’information.

Composé de membres bénévoles représentant toute une gamme d’intérêts communautaires (des résidents locaux, le gouvernement du Manitoba, la Ville de Winnipeg, les milieux médical, agricole et universitaire), le Comité de liaison communautaire recueille et diffuse des renseignements exacts pour favoriser une meilleure compréhension des activités du CSCSHA. Le comité surveille aussi des problèmes de sécurité dans l’intérêt de la collectivité et du personnel du CSCSHA. De plus, au printemps 2005, le Comité a tenu pour la première fois des assemblées publiques annuelles afin de donner à tous les résidants la chance d’exprimer leurs inquiétudes et de poser leurs questions.

Des laboratoires situés dans d’autres pays applaudissent et imitent l’approche du CSCSHA à l’égard des relations communautaires, en particulier la mise sur pied et le succès du Comité de liaison communautaire.

Cap sur l’avenir : toujours plus loin

Tout bien pesé, le LNM peut s’enorgueillir d’avoir suivi un parcours riche en réussites. Toutefois, c’est uniquement en maintenant le cap sur l’avenir et en visant toujours plus loin que le LNM pourra conserver cette feuille de route impressionnante.

À chaque victoire que remportent les scientifiques dans la lutte mondiale contre les maladies infectieuses, le milieu dans lequel ces organismes vivent et prolifèrent pose des défis permanents. Des maladies qu’on croyait avoir enrayées resurgissent et un nombre croissant de bactéries développent une résistance aux traitements. Pendant ce temps, la médecine moderne fait face à l’émergence rapide de nouvelles maladies et à la propagation de maladies qui se transmettent des animaux aux humains.

En prévision de changements constants dans le milieu de la santé publique, et conformément à la stratégie de la Direction générale et de l’Agence, le LNM a récemment mis la dernière main à un plan stratégique pluriannuel. Les priorités stratégiques suivantes ont été établies pour guider le laboratoire national dans la réalisation de son potentiel en tant que pilier de l’Agence de la santé publique du Canada et comme partenaire principal dans la lutte mondiale contre les maladies infectieuses.

L’équipe du LNM – devenir le laboratoire de prédilection pour les chercheurs scientifiques, les boursiers de recherches postdoctorales et les étudiants des cycles supérieurs du Canada et du monde entier, de même que pour les employés non scientifiques qui font carrière dans le domaine de la santé publique.

Présence internationale – renforcer les liens qu’entretient le LNM avec ses partenaires internationaux ainsi que sa présence dans des collectivités internationales, afin d’encourager le partage, le soutien et la reconnaissance mutuels.

Rôle dans les interventions d’urgence – améliorer la planification d’urgence et la capacité d’intervention en cas d’éclosion, au sein du laboratoire et à l’échelle nationale.

Contribution à l’innovation – développer et transférer les connaissances et les outils pour soutenir les efforts individuels et collectifs déployés par les partenaires en santé publique du LNM pour prévenir et contrôler la propagation des maladies infectieuses.

Capacité à faire face aux maladies émergentes et rares – améliorer la capacité, en laboratoire et sur le terrain, en matière de surveillance, d’identification et de caractérisation des maladies infectieuses émergentes et rares touchant les populations humaines et animales.

Pour chaque secteur prioritaire, des objectifs précis ont été fixés et intégrés dans des programmes particuliers ainsi que dans les plans opérationnels, d’activités et financiers et de l’ensemble du laboratoire, de même que dans ses activités. Au cours de l’année même de son élaboration, beaucoup des idées proposées dans le plan stratégique du LNM sont mises en oeuvre; certaines sont exposées dans les pages du présent rapport.

Le LNM est prêt à affronter les défis et à saisir les occasions qui l’attendent, ainsi qu’à accomplir son rôle comme « laboratoire incontournable » du Canada dans le domaine du diagnostic des maladies infectieuses, de la recherche et des interventions en cas d’éclosion. Le LNM continuera de surveiller les changements qui surviennent dans le milieu national et international de la santé publique, d’évaluer son rendement par rapport aux priorités de l’ASPC et des intervenants, et de se réorienter au besoin pour assurer la réalisation de sa vision et de sa mission et, par ricochet, pour veiller à la santé et la sécurité des Canadiennes et des Canadiens.